«Le nickel indonésien de nos batteries mène un peuple à l’anéantissement»

Reporterre – Celia Izoard – 2 décembre 2025

En Indonésie, l’exploitation du nickel par un consortium, dont fait partie l’entreprise française Eramet, risque de conduire à l’anéantissement d’un peuple, avertit notre chroniqueuse. Deux membres de ce peuple sont venus protester jusqu’à Paris.

Celia Izoard est autrice et journaliste. Elle est l’autrice de La ruée minière au XXIe siècle — Enquête sur les métaux à l’ère de la transition (éd. Seuil, 2024) et d’un recueil sur les usines du numérique (La Machine est ton seigneur et ton maître, Xu Lizhi, Yang, Jenny Chan, éd. Agone, 2022). Dans ces nouvelles chroniques, elle explore et divulgue les bas-fonds du capital.


L’extermination d’un peuple n’est pas toujours faite de sang et de hurlements. Elle peut cohabiter discrètement avec la vie de tous les jours. Se présenter sous une forme assez anodine. Elle peut se manifester par la présence de quelques individus hirsutes mendiant de la nourriture. Ou prendre la forme d’un programme de gestion des milieux naturels, établi par un bureau d’études pour le compte d’une entreprise basée dans le 15e arrondissement de Paris.

En 2019, le groupe français Eramet a commencé à extraire du nickel sur l’île d’Halmahera, en Indonésie, avec des entreprises chinoise (Tsingshan) et indonésienne (Antam). Dans une forêt primaire qu’il est en train d’abattre, le consortium Weda Bay Nickel exploite une concession grande comme quatre fois la ville de Paris.

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