Archives de catégorie : projets miniers

Communiqué de presse, Douar Didoull – 15 janvier 2026

Le 03 décembre 2025, l’État français, par la voix de son ministre de l’Industrie chargé des
mines, rendait son verdict et publiait au Journal officiel du 10 décembre son accord aux
trois permis sollicités par la start-up Breizh Ressources.


S’étalant sur plusieurs départements bretons et sur celui du Maine-et-Loire, ces trois PER
(permis exclusif de recherche), Epona (51 km², Morbihan), Bélénos (440,9 km², Loire-
Atlantique et Maine-et-Loire) et Taranis (359,5 km², Ille-et-Vilaine, Morbihan, Loire-
Atlantique), ont rencontré une forte opposition locale de la part de la population et des
municipalités concernées.


Dix ans après la demande du PER de Lok-Envel (22)1 et après un patient travail de fond
des gouvernements Macron pour détricoter le code minier afin de simplifier les phases
d’instructions pour le lobby minier et de les rendre plus opaques aux administré.e.s
concernée.e.s, la recette reste la même : une start-up qui tout en spéculant sur une
éventuelle ressource en or et autres métaux fait miroiter une possibilité
d’enrichissement financier aux Majors mondiales de l’exploitation minière ; un discours
rassurant auprès des populations concernées en leur promettant une « mine propre »
sans aucun impact environnemental; une création d’emplois qui dynamiserait l’économie
locale. Vous ajoutez pour agrémenter le tout, une posture néo-coloniale envers les
autochtones de la part des porteurs de projets et le plat semble être alléchant !


Pourtant duperie et mépris sur les ingrédients ne font pas la qualité d’une recette qui
n’est du goût que d’une société toujours plus énergivore, extractiviste et spéculative, au
sein de laquelle les richesses ne sont jamais distribuées, alors qu’il suffirait d’être moins
gourmands et « vivre plus simplement, pour que tout le monde puisse simplement vivre. »


Aussi, le collectif Douar Didoull « Pour la préservation de notre terre et contre les projets
miniers », qui s’ est mobilisé contre le PER de Lok-Envel, rappelle que s’il y a bien une
ressource en Bretagne c’est celle des personnes qui la peuplent ainsi que leur
imagination. En ce sens, Douar Didoull apporte son soutien à toutes les formes de luttes
et d’actions qui sauront empêcher ces projets de condamner l’avenir du pays.


1 Portée à l’époque par Variscan Mines

A l’ouest d’Angers des opposants se mobilisent contre le projet Bélénos

source : https://france3-regions.franceinfo.fr

Trois arrêtés signés par le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, et datés du 3 décembre, ont été publiés mercredi au Journal officiel. Ils autorisent la société Breizh Ressources à lancer plusieurs campagnes d’exploration minière dans quatre départements de l’Ouest de la France.

Sur le terrain, ces autorisations ne font pas l’unanimité. Le projet Bélénos dans le Maine-et-Loire a fédéré près de 200 opposants ce samedi matin à Bécon-les-Granits.

À Bécon-les-Granits, mobilisation contre le projet Belenos, le 13 décembre 2025
lire la suite de l’article sur france3-régions


Un collectif de citoyen.ne.s « Stop Belenos » a d’abord vu le jour l’été 2025, et l’association « Stop Mines 49/44 » existe officiellement depuis fin octobre.

Ils luttent contre le projet d’exploration minière BELENOS de l’entreprise Breizh Ressources, qui porte également les projets TARANIS et EPONA en Bretagne.

– Leur site internet : https://stop-belenos.fr/

– La pétition : https://www.change.org/stop-b%C3%A9l%C3%A9nos 

– Leur page Facebook ; https://www.facebook.com/p/Stop-Belenos-61577771910238/

– Leur compte Instagram : https://www.instagram.com/stopbelenos/

Breizh Ressources, la société minière la plus discrète de l’Ouest

Splann – 18 décembre 2024 – Catherine Le Gall

Trois permis exclusifs de recherches minières (PERM) ont été déposés en Bretagne par la société Breizh Ressources dans la plus grande discrétion. Ils concernent pourtant 42 communes et plus de 850 km². Malgré l’opacité qui entoure ce projet, les citoyens se mobilisent déjà largement pour empêcher le lancement des opérations.

• La start-up Breizh Ressources a déposé trois permis de recherches minières entre la Bretagne et le Maine-et-Loire entre juillet et octobre 2023. Mais l’information n’a été rendue publique que début 2024.
• Depuis, certaines associations, riverains et élus se mobilisent pour s’opposer aux explorations de potentielles futures mines. D’autres y voient une opportunité pour créer de l’emploi.
• Alors que le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie aurait dû donner son feu vert aux permis fin 2024, une nouvelle jurisprudence a ralenti la procédure.

C’est par hasard, en lisant le Journal Officiel du 10 janvier 2024, que Dominique Williams, spécialiste des mines à l’association Eau et rivières de Bretagne, tombe sur une information détonante : une société nommée Breizh Ressources a déposé, quelques mois auparavant, un permis exclusif de recherche minière (PERM) baptisé « Epona » dans quatre communes de sa région.

Cette start-up basée à Lorient et constituée spécialement pour l’occasion a pour unique actionnaire Aurania Resources, société canadienne immatriculée aux Bermudes, dirigée par Keith Barron, un géologue connu pour avoir découvert l’une plus grandes mines d’or au monde [lire « Un nouvel Indiana Jones à la recherche d’or en Bretagne].

Dominique Williams tire tout de suite la sonnette d’alarme et l’association envoie, dès le 16 janvier, un courrier à la préfecture du Morbihan pour avoir accès au dossier. Deux jours plus tard, la préfecture adresse un courriel aux collectivités locales pour les informer du dépôt du PERM : « Le vendredi 19 janvier, alors que j’étais de permanence, Jean-Paul Pallier et Stefan Ansermet de Breizh Ressources sont venus me voir pour me présenter le projet », se souvient Élodie Le Floch, maire de Kervignac (56).

Le 22 février, une réunion avec le sous-préfet est organisée à la demande des élus pour détailler le dossier. « Nous étions surpris car la demande avait été déposée en juillet 2023 et nous n’avions eu aucune information jusqu’à cette date », s’étonne encore Michèle Dollé, maire d’Hennebont (56).

Même discrétion pour les deux autres PERM baptisés « Taranis » et « Bélénos », qui concernent une partie du Morbihan, de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique.

Jeannick Martel, adjointe à la mairie de La Chapelle-de-Brain (35) n’a découvert l’existence du PERM Taranis, qui concerne sa commune, qu’en juillet 2024 lors d’un conseil municipal. « La mairie avait reçu un courriel de la préfecture pour l’informer du lancement d’une consultation publique. On s’est questionné sur le tempo : non seulement l’information était tardive, mais c’était en pleine période estivale et pendant les législatives. Les conditions n’étaient propices ni à la publicité du projet ni au débat », constate-t-elle.

Quant au permis Bélénos, déposé en octobre 2023, son existence a été médiatisée par un article de Ouest-France daté du 16 mai 2024, qui relatait le débat à ce sujet au sein du conseil Anjou Bleu Communautés.

Lire la suite de l’article sur splann.org

«Le nickel indonésien de nos batteries mène un peuple à l’anéantissement»

Reporterre – Celia Izoard – 2 décembre 2025

En Indonésie, l’exploitation du nickel par un consortium, dont fait partie l’entreprise française Eramet, risque de conduire à l’anéantissement d’un peuple, avertit notre chroniqueuse. Deux membres de ce peuple sont venus protester jusqu’à Paris.

Celia Izoard est autrice et journaliste. Elle est l’autrice de La ruée minière au XXIe siècle — Enquête sur les métaux à l’ère de la transition (éd. Seuil, 2024) et d’un recueil sur les usines du numérique (La Machine est ton seigneur et ton maître, Xu Lizhi, Yang, Jenny Chan, éd. Agone, 2022). Dans ces nouvelles chroniques, elle explore et divulgue les bas-fonds du capital.


L’extermination d’un peuple n’est pas toujours faite de sang et de hurlements. Elle peut cohabiter discrètement avec la vie de tous les jours. Se présenter sous une forme assez anodine. Elle peut se manifester par la présence de quelques individus hirsutes mendiant de la nourriture. Ou prendre la forme d’un programme de gestion des milieux naturels, établi par un bureau d’études pour le compte d’une entreprise basée dans le 15e arrondissement de Paris.

En 2019, le groupe français Eramet a commencé à extraire du nickel sur l’île d’Halmahera, en Indonésie, avec des entreprises chinoise (Tsingshan) et indonésienne (Antam). Dans une forêt primaire qu’il est en train d’abattre, le consortium Weda Bay Nickel exploite une concession grande comme quatre fois la ville de Paris.

Lire la suite de l’article sur reporterre.net

Projet de mine de lithium dans l’Allier : quid de la radioactivité ?

10/10/2025 – Julien Syren – CRIIRAD

La société Imerys souhaite ouvrir une mine de lithium dans l’Allier. Au-dessus du gisement, une carrière de kaolin est exploitée depuis plus d’un siècle. Le site produit également un concentré d’étain, niobium et tantale présentant une radioactivité élevée. La quantité de concentré produit augmenterait avec la mine de lithium.

« Dans l’Allier, inquiétudes autour de l’ouverture d’une mine de lithium et de ses matières radioactives » : c’est le titre d’un article de Célia Izoard publié sur Médiapart le 7 octobre 2025.

Sollicitée par la journaliste, la CRIIRAD s’est penchée sur les aspects radiologiques de la carrière de kaolin actuellement exploitée par Imerys juste au-dessus du gisement de lithium.

Premier constat : depuis plus d’un siècle, les exploitants successifs n’extraient pas seulement le kaolin mais également un concentré d’étain, de tantale et de niobium dans lequel se concentre l’uranium 238. L’activité de ce radionucléide atteint 30 000 becquerels par kilogramme (Bq/kg), très largement au-dessus de 1 000 Bq/kg, seuil de classement comme « substance radioactive d’origine naturelle » (SRON). En tenant compte des autres radionucléides naturels présents, l’activité totale est de plusieurs centaines de milliers de Bq/kg (1), avec tous les risques radiologiques associés (irradiation externe, contamination par inhalation ou ingestion).

Photos anciennes de la carrière de Kaolin à Échassières © Photos : domaine public, via Wikimedia Commons

Du fait de cette radioactivité et des quantités présentes dans l’installation (plusieurs dizaines de tonnes de concentré produites chaque année), le site doit être classé ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement), à la rubrique 1716-2 qui encadre les installations mettant en œuvre des substances radioactives d’origine naturelle.

Alors que la radioactivité du site est connue des autorités depuis au moins 2006, et que la rubrique 1716-2 existe depuis 2014, il a fallu attendre 2022 pour que l’exploitant déclare cette activité nucléaire.

Malgré cette déclaration, le dernier arrêté préfectoral fixant les règles de surveillance du site par l’exploitant ne comporte aucune prescription en matière de mesures radiologiques, alors que la réglementation impose des contrôles.

De plus, alors que l’exploitant d’une ICPE 1716-2 doit transmettre chaque année à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) un inventaire des matières et déchets radioactifs présents sur le site, la CRIIRAD n’a pas trouvé, sur le site de l’ANDRA, de fiche pour ce site.

Pour éclaircir ces points ainsi que d’autres aspects du dossier, la CRIIRAD a écrit à la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes. Vous pouvez télécharger ce courrier avec le lien en bas de l’article.

S’agissant du projet de mine de lithium, l’exploitant est très discret sur la question de la radioactivité, alors qu’il reconnaît que « la production de lithium (quelle que soit sa forme) augmenterait automatiquement la production de concentré d’étain-tantale et de niobium déjà commercialisé par Imerys ».

Affaire à suivre…

Rédaction : Julien Syren •


En savoir plus :

Nouveaux PERm en Haute-Vienne : réunion d’information et AG STOP MINES 87 jeudi 17 octobre.

Les nouvelles ne sont pas très réjouissantes : http://stopmines87.fr/
Invitation à une soirée d’information publique le 17/10 à Château-Chervix à partir de 18h salle polyvalente concernant les « nouveaux » PERm octroyés dans le département. Puis assemblée générale des membres de l’association vers 20h afin d’élire les membres du bureau.

Vendredi 20 septembre était publié un article sur les mines sur France 3 Limousin :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/or-cuivre-lithium-l-exploration-des-mines-necessite-ou-mise-en-danger-de-l-evolution-des-territoires-3035270.html