L’Echo du Berry du 25 juin 2015

La recherche d’or en Creuse devrait passer aux sondages profonds

danger

La galerie des Farges, creusée par Total dans les années 80, est dans le même périmètre que les futurs sondages en profondeur.

Dans le cadre du permis exclusif de recherche, la société Cominor compte entamer une  campagne de 50 à 60 sondages, de 75 à 350 m de profondeur, qui pourrait débuter en  août dans le Nord-Est de la Creuse.

Lire le BERRY ET SA RÉGION paru dans L’Écho du Berry du 25 juin 2015 (Journal numéro 3186) en vente chez les marchands de journaux ou consultable en ligne.
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A la fin de l’année 2013, l’État français, dans le cadre de la relance de l’exploitation minière défendue par Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, a accordé un Permis exclusif de recherche (PER) à la société Cominor, filiale de la société canadienne La Mancha. Ce permis, dit ‘de Villeranges”, sur une surface de 47,64 km2 dans le Nord Est de la Creuse, concerne l’or mais aussi le cuivre, l’argent, l’antimoine, le zinc, l’étain, le tungstène et substances connexes (lire L’Écho du Berry n°3157 du 4 décembre 2014). Depuis, Cominor a effectué des prélèvements de surface ainsi que des analyses géophysiques au cours d’une première phase qui s’est achevée en début d’année et qui se concentrait sur une zone de 2,5 km2 sur la commune de Lussat. Après étude des données recueillies au cours de cette première phase, Cominor a décidé d’entamer une deuxième phase de recherche. « Les résultats sont encourageants, indique Dominique Delorme, directeur général adjoint de La Mancha. Nous avons donc décidé de procéder à des sondages sur les principales ‘anomalies”repérées dans le sous-sol. Nous comptons effectuer 8 000 m de sondage, soit 50 à 60 sondages entre 75 et 150 m de profondeur. Nous allons également effectuer un ou deux sondages plus profonds jusqu’à 350 m maximum. Les 4/5e des sondages seront à courant d’air continu [un mouvement d’air remonte les débris de roches en surface, NDLR] mais nous allons également effectuer des carottages, notamment pour les plus profonds, qui respectent l’intégrité de la roche lors de sa remontée. » Ces recherches vont, une nouvelle fois, se concentrer sur la zone de 2,5 km2 sur la commune de Lussat. Ce qui ne surprend pas le collectif d’opposants Stop Mines 23. « Depuis le début, nous disons que Cominor ne fait que marcher sur les pas de Total qui avait déjà effectué ces recherches dans les années 80, indique Marc Edeline, président du collectif. Cette zone sur Lussat est celle où Total avait notamment creusé une galerie de 750 m aux Farges. Mais dans ce périmètre se trouvent aussi, à Varennes, les puits de captage d’eau à une profondeur de 42 m – alimentant les 18 communes du SIAEP du bassin de Gouzon. Nous craignons une pollution de la nappe car, même si Cominor indique qu’elle va respecter le périmètre de protection des captages en surface, des sondages obliques à 350 m de profondeur transperceront des couches traversant la nappe de Gouzon. » Un risque que réfute catégoriquement Dominique Delorme : « Depuis deux ans, je répète que nous ne travaillons pas sur ce bassin. Dans les zones sur lesquelles nous travaillons et qui nous intéressent les zones granitiques il n’y a pas de nappe. Il n’y a absolument aucun risque. » Autre point d’inquiétude soulevé par le collectif, le fait que cette deuxième phase ne nécessite qu’une déclaration de travaux. « Alors que ces recherches seront effectuées dans une zone humide de type 2, reprend Marc Edeline, nous pensons que cette deuxième phase devrait en passer par une demande d’autorisation de travaux plus contraignante plutôt que par une simple déclaration de travaux. Il n’y aura aucun contrôle par les autorités, personne n’ira certifier que les procédés qu’ils déclarent seront ceux employés. »

Une campagne de six mois

Dominique Delorme indique pour sa part que la déclaration d’ouverture de travaux a été déposée en préfecture : « Quelques compléments d’information nous ont été demandés auxquels nous allons répondre dans les prochains jours. Ensuite, nous allons passer des conventions avec les propriétaires des terrains. Des appels d’offres ont été lancés à destination des compagnies de sondage mais nous attendons l’accord des autorités avant de décider. La campagne de sondage pourrait débuter en août pour une durée de six mois. » Et à ceux qui s’inquiètent de voir mentionné sur le site Internet de La Mancha une mise en exploitation du site dès 2019/2020, le directeur général adjoint répond que « nous n’en sommes pas là. Aujourd’hui, 2019 paraît une date illusoire alors qu’il reste énormément à faire et que nous n’excluons pas, par exemple, de demander un renouvellement du permis d’exploration. » Dossier à suivre donc.

Jean-Charles Lardeau

www.stopmines23.fr (collectif)

www.lamancha.ca (Cominor)

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